COUVENT DES JACOBINS
& MUSÉE DES BEAUX-ARTS / RENNES
 
« DEBOUT ! »
 
À L’INVITATION DE LA MAIRE DE RENNES, NATHALIE APPÉRÉ, LA COLLECTION PINAULT PRÉSENTERA, À L’ÉTÉ 2018, UN CHOIX D’OEUVRES DANS L’ENCEINTE DU COUVENT DES JACOBINS, AINSI QU’UNE INSTALLATION AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE LA VILLE.
<br> <br> <div class="col m-10"> <span class="title">« DEBOUT ! »</span><br> </div> <div class="col m-4 auteur pull-right"> <div class="inner"> <div class="white"> <a class="switch">Texte</a><br> <b>Caroline Bourgeois</b><br> <span style="display: none;"> Commissaire de l’exposition </span> </div> </div> </div> <div class="clear"><br><br><br></div> <span class="alinea"></span> Le Couvent des Jacobins — classé monument historique depuis 1991 — fut fondé, au XIVe siècle, par l’ordre dominicain, avant d’être affecté, à partir de 1793, à l’armée qui, à son tour, le céda à la métropole de Rennes, en 2002. Le bâtiment vient d’être rénové par l’architecte Jean Guervilly dans le but d’en faire un centre de congrès. <br><br> <span class="alinea"></span> Le Musée des beaux-arts de Rennes est, quant à lui, une création révolutionnaire. En 1794, le fonds du musée fut constitué à partir des oeuvres saisies dans les édifices religieux et civils de la ville. Dirigé, depuis 2013, par Anne Dary, le Musée des beaux-arts de Rennes abrite, aujourd’hui, une collection dont les oeuvres traversent l’histoire de l’art, de l’antiquité à nos jours. <br><br> <span class="alinea"></span> C’est dans l’enceinte de ces deux institutions que se déploie l’exposition dont le titre, « Debout ! », résonne comme un appel. L’exposition a pour première étape le Couvent des Jacobins, où les oeuvres présentées proposent une réflexion sur la perception, par les artistes, des soubresauts de l’histoire mais, également, de l’impact des épreuves rencontrées par chacun d’entre nous sur nos existences. De façon plus métaphysique, les oeuvres choisies renvoient à la notion de fatalité. Il est proposé au spectateur de questionner sa propre capacité à se tenir « debout » face aux épreuves auxquelles il est, ainsi, confronté. <br><br> <span class="alinea"></span> Ces oeuvres évoquent le destin individuel et collectif des hommes. Chacune d’entre elles a été produite en réaction à l’un de ces évènements qui changent le cours d’une vie ou de l’humanité ; chaque oeuvre invite le spectateur à prendre du recul par rapport à la réalité dont elle témoigne pour mieux le faire réagir. En faisant l’expérience de ces oeuvres, on est frappé de constater qu’il est toujours possible de se tenir debout dans l’adversité, d’agir et, même, de faire preuve d’humour. <br><br> <span class="alinea"></span> Le parcours s’ouvre sur des thèmes d’actualité tels que l’immigration, les conditions de travail ou encore la colonisation. Un ensemble de sculptures traverse, ensuite, l’histoire du XXe siècle et de ses guerres, en particulier. Ces oeuvres interrogent : qu’ont retenu les hommes de ces époques ? Sont-ils parvenus à infléchir le cours des choses ? <br><br> <span class="alinea"></span> Dans la partie historique du Couvent des Jacobins, nous reculons dans le temps et, par là même, prenons de la distance avec les oeuvres qui ont pour principal objet la violence perpétrée par les hommes et la répétition de l’histoire. Là, il sera question du mélange des populations et de leurs apports mutuels. Enfin, les dernières oeuvres de l’exposition traitent l’inéluctabilité de la mort. <br><br> <span class="alinea"></span> En contre-point de l’accrochage présenté au Couvent des Jacobins, Tatiana Trouvé propose, au Musée des beaux-arts, une installation autour de ses dessins issus de la série « Les dessouvenus », expression bretonne désignant les personnes qui ont perdu la mémoire. Ici, c’est « l’infirmité » individuelle qui sera évoquée. L’artiste fait entrer le spectateur dans « une forêt de signes ». Pour Tatiana Trouvé, dessiner s’apparente à un retour sur les lieux de la pensée mais, aussi, à une projection de la pensée. <br><br> <span class="alinea"></span> S’il devait être résumé en une phrase, le propos de l’exposition « Debout ! » rappellerait l’idée d’Hannah Arendt selon laquelle chaque être humain peut agir en barbare s’il cesse de penser. <br><br> <span class="alinea"></span> Il y a deux productions pour l’exposition : les nouveaux tableaux de Vincent Gicquel, réalisés pour le Couvent des Jacobins, et l’installation spécifique de Tatiana Trouvé pour le Musée des beaux-arts de Rennes. <br><br> <span class="alinea"></span> Les oeuvres utilisent les médiums de la sculpture, vidéo et peinture. Plusieurs générations d’artistes sont représentées, certains à découvrir et d’autres de réputation mondiale. <br><br><br> <b>Artistes exposés :</b><br> — Adel Abdessemed<br> — Lucas Arruda<br> — Berlinde de Bruyckere<br> — Maurizio Cattelan<br> — Jake et Dinos Chapman<br> — François Curlet<br> — Marlene Dumas<br> — Vincent Gicquel<br> — Duane Hanson<br> — Thomas Houseago<br> — Pierre Huyghe<br> — Bertrand Lavier<br> — Jean-Luc Moulène<br> — Paulo Nazareth<br> — Charles Ray<br> — Thomas Schütte<br> — Henri Taylor<br> — Tatiana Trouvé<br> — Dario Villalba<br> — Danh Võ<br> <br><br>
 
Paulo NAZARETH <br><i>Cadernos de Africa,</i> 2014 <br>15 piles de 1000 impressions sur papier journal, 6 tables d’exposition sur tréteaux, 2 canettes en métal <br>Dimensions variables
Thomas HOUSEAGO <br><i>Baby,</i> 2009-2010 <br>Plâtre à mouler Tuf-Cal, chanvre, armature en fer, bois, granite, fusain <br>260,3 × 228,6 × 205,7 cm
Charles RAY <br><i>Boy with Frog,</i> 2009 <br>Acier inoxydable et polyréthane acrylique <br>247 × 91 × 96,5 cm <br> <br>Vue d’exposition, <br>Kunstmuseum Basel, 2014
 
Vincent GICQUEL <br><i>Pédoncule,</i> 2017 <br>Huile sur toile <br>190 × 140 cm
 
Marlene DUMAS <br><i>Long Life,</i> 2002 <br>Huile sur toile <br>80 × 70 cm
Tatiana TROUVÉ <br><i>Sans titre,</i> 2013 <br>[série « Les dessouvenus »] <br>Crayon sur papier marouflé sur toile, javel, liège, cuivre <br>153 × 240 × 3.5 cm
Tatiana TROUVÉ <br><i>Sans titre,</i> 2017 <br>[série « Les dessouvenus »] <br>Crayon sur papier marouflé sur toile, eau de javel <br>Sans cadre <br>153 × 240 × 3.5 cm
Lynette YIADOM-BOAKYE <br><i>Resurrect the Oracle,</i> 2015 <br>Huile sur toile <br>241,3 × 198,1 × 2,5 cm
 
Lucas ARRUDA <br><i>Sans-titre,</i> 2016 <br>Huile sur toile <br>30 × 37 cm
 

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Revue Pinault Collection - Numéro 10

 

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