<div class="chapeau">LE MUSÉE D’ART MODERNE DE LA VILLE DE PARIS PRÉSENTE « URBAN RIDERS » DE JANVIER À AVRIL 2018, PREMIÈRE EXPOSITION INSTITUTIONNELLE EN FRANCE DE MOHAMED BOUROUISSA (NÉ EN 1978 EN ALGÉRIE). L’OEUVRE <i>DEALING WITH…</i> DE LA COLLECTION PINAULT Y ÉTAIT MONTRÉE POUR LA PREMIÈRE FOIS.</div> <br><br> <div class="col m-12 pull-right align-right"> <span class="lieu">Musée d’Art moderne</span><br> <span class="lieu">de la Ville de Paris</span> </div> <br><br><br><br> <div class=""> <span class="title">MOHAMED BOUROUISSA</span><br> </div> <div class="col m-4 auteur pull-right"> <div class="inner"> <div class="white"> <a class="switch">Texte</a><br> <b>Mouna Mekouar</b><br> <span>Commissaire et critique d’art</span> </div> </div> </div> <div class="clear"><br><br><br><br><br><br></div> <span class="alinea"></span> <i>« La première fois que j’ai vu une photographie des cavaliers de Fletcher Street, j’ai décidé d’aller les rencontrer. Au début, j’étais là, pour faire un western, puis, je me suis rendu compte que ça ne suffisait pas de faire un film. Je voulais produire quelque chose de plus fort. »</i><sup>1</sup> <br><br> <span class="alinea"></span> Fasciné par les images publiées par Martha Camarillo dans son livre <i>Fletcher Street,</i> Mohamed Bourouissa se rend en 2013 à Philadelphie pour rencontrer les cavaliers noirs américains du quartier de Strawberry Mansion. Pendant huit mois, l’artiste les observe, les filme, les photographie. Une fois intégré au groupe, il leur propose d’organiser un concours — <i>Horse Day</i> — et invite les artistes des autres quartiers de la ville à créer des parures de chevaux. Dans ce prolongement, il réalise à son tour — « The Hood » (2015) — une série de photographies reproduites sur des fragments de carrosseries. <br><br> <span class="alinea"></span> Sur le même principe, il réalise <i>Dealing with…</i>(2015), vidéo projetée sur un capot de voiture. On y voit, en gros plan, un cheval stressé et nerveux qui s’agite à l’écran alors que deux hommes situés hors champ négocient sa transaction. L’artiste évoque ainsi la précarité d’une communauté désargentée qui met en place ses propres codes, règles et rituels. L’emploi des carrosseries permet aussi de mettre en perspective deux symboles de la culture américaine et, plus particulièrement, du contexte de Philadelphie : le cavalier et le rider, le cheval et la voiture. Confrontation ou rencontre ? N’est-ce pas là une manière, pour l’artiste, de témoigner du regard qu’il porte personnellement sur ce monde ? <i>« J’ai choisi un capot de voiture française. Ce n’est pas un capot de voiture américaine. C’est une manière pour moi de prendre de la distance. Le capot est prédominant. C’est un filtre. Je le rends visible beaucoup plus que la réalité filmée. Il fallait trouver un langage qui corresponde à une réalité qui n’est pas la mienne »</i><sup>2</sup> affirme–t-il. <br><br> <span class="alinea"></span> À chaque projet, Bourouissa crée des protocoles qui lui permettent de rendre le contexte intelligible et sensible et non de le reproduire. Il joue des effets de miroir, des distorsions, du champ et contre-champ, du plan et du volume, des courbes et contre-courbes pour créer, à l’écran, un flux d’images discontinues, fragmentées. <br><br> <span class="alinea"></span> Ce monde diffracté et éclaté suggère l’état de tension qui traverse une communauté ignorée et méprisée des pouvoirs publics. Sans épuiser le sujet, cette vidéo, comme la constellation d’oeuvres qui constituent l’ensemble du projet de Philadelphie, soulève et cristallise de nombreuses questions : la culture afro-américaine, le rap, la représentation des minorités, la place du cheval et du cavalier dans l’histoire de l’art occidental, le culte du western et le phénomène du « cow-boy blanc ». <br><br> <span class="alinea"></span> Avec cette démarche et à l’image de la série « Périphérique » (2005-2009) dans laquelle il jouait des stéréotypes de la banlieue, <i>Dealing with…</i>(2015) revient sur certaines des réalités sociétales contemporaines : altérité et identité, circulation des mythes et des gestes mais aussi rôle des médias et pouvoirs publics. <br><br> <div class="notes"> 1 — Entretien avec l’artiste, le 2 décembre 2017.<br> 2 — <i>Ibid.</i> </div>
 
Mohamed BOUROUISSA <br><i>Dealing with...,</i> 2015 <br>Projection sur capot de voiture 4’ 14’’
 

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Revue Pinault Collection - Numéro 10

 

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