LE MOCA DE LOS ANGELES ET LE WHITNEY DE NEW YORK ORGANISENT LA PREMIÈRE RÉTROSPECTIVE AMÉRICAINE CONSACRÉE À L’ARTISTE ET ACTIVISTE ZOE LEONARD (NÉE EN 1961 À NEW-YORK, OÙ ELLE VIT ET TRAVAILLE). SIX PHOTOGRAPHIES DE LA SÉRIE « HUNTING PHOTOGRAPHS » SONT PRÊTÉES À CETTE OCCASION.


<br> <div class="col m-12 pull-right align-right"> <span class="lieu">WHITNEY MUSEUM OF<br>AMERICAN ART / NEW YORK</span><br> <span class="lieu">MUSEUM OF CONTEMPORARY<br>ART (MOCA) / LOS ANGELES</span> </div> <br><br><br><br><br> <div class="col m-10"> <span class="title">ZOE LEONARD</span><br> </div> <div class="col m-4 auteur pull-right noclick"> <div class="inner"> <div class="white"> <a class="switch">Texte</a><br> <b>Laura Daniel</b><br> </div> </div> </div> <div class="clear"><br><br><br></div> <span class="alinea"></span> L’observation de son environnement, l’impact des évolutions économiques, urbaines et sociales, et une réflexion sur la nature du médium photographique sont à l’origine des travaux de Zoe Leonard. <br><br> <span class="alinea"></span> Au milieu des années quatre-vingt-dix, plusieurs séjours longs et autarciques sur des territoires isolés d’Alaska façonnent durablement son intérêt pour les rapports entre culture et nature : en attestent les pièces de gibier de la série « Hunting Photographs ». Ces photographies désavouent le fantasme d’une nature vierge et pittoresque et montrent le rapport violent et complexe que l’Homme entretient avec elle. <br><br> <span class="alinea"></span> En 1998, Zoe Leonard commence son grand projet « Analogue » : cette série de photographies argentiques (médium alors en voie de disparition) présente des devantures de magasins de New York à l’abandon, des façades d’immeubles délabrées, des petits commerces menacés de disparition par la gentrification et l’essor des grandes enseignes internationales. Le projet prend de l’ampleur quand Zoe Leonard décide d’étendre sa recherche au reste du monde, traçant le parcours d’objets du quotidien, de leur production à leur exportation, et même jusqu’à leur recyclage : ses photographies pointent la cruauté de l’économie de marché, l’obscénité de la consommation de masse et l’irréductible creusement des inégalités sociales. <br><br> <span class="alinea"></span> Zoe Leonard est également très active politiquement, notamment dans les mouvements <i>queer</i> et de mobilisation contre le sida. La perte de personnes chères à l’artiste, victimes de l’épidémie, est à l’origine de son oeuvre <i>Strange Fruit</i> (1992 – 1997) dans laquelle Zoe Leonard coud des morceaux de peaux et d’écorces d’oranges, de bananes ou de citrons reconstituant des fruits étranges aux airs de poupées de chiffon sinistres. <br><br> <span class="alinea"></span> Ses photographies, ses cadrages et ses angles de vue sont autant de « fenêtres »<sup>1</sup> subtiles sur la brutalité d’un monde hanté, dépeuplé, en perte de repères, dont les victimes sont — bien que jamais représentées explicitement — les populations vulnérables et démunies. <br><br> <span class="alinea"></span> Les oeuvres de Zoe Leonard ont été exposées à Palazzo Grassi dans « Paroles des images » (2012) et à Punta della Dogana dans « Slip of the Tongue » (2015-2016). <br><br> <div class="notes"> Zoe LEONARD <br><i>“Hunting Photographs”</i> <br>Six épreuves gélatinoargentiques <br> <br> </div> <div class="notes"> 1 — Molly Prentiss, « Zoe Leonard », <i>Interview Magazine</i>, 13 décembre 2016. </div>
 
Zoe LEONARD <br><i>Beaver Guts,</i> 1997/98 <br>61 × 43 cm
Zoe LEONARD <br><i>Dead Beaver in Water,</i> 1997/98 <br>54,5 × 37,2 cm
Zoe LEONARD <br><i>Bear Paw Hanging,</i> 1996/98 <br>54,5 × 37,2 cm
Zoe LEONARD <br><i>Bear Head on Ground,</i> 1996/98 <br>65 × 94 cm
Zoe LEONARD <br><i>Charlie’s Moose,</i> 1995/98 <br>65 × 94 cm
Zoe LEONARD <br><i>Dead Duck in Boat,</i> 1997/98 <br>66 × 92 cm
 

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Revue Pinault Collection - Numéro 10

 

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