Claire Tabouret signe l’affiche de la 72<sup>e</sup> édition du festival d’Avignon et présente ses peintures dans deux expositions, à l’église des Célestins et à la Collection Lambert, où sont montrées trois œuvres de la Collection Pinault.


<br> <div class="col m-12 pull-right align-right"> <span class="lieu">Collection Lambert / Avignon</span> </div> <br><br><br><br><br> <div class="col m-10"> <span class="title">Claire Tabouret</span><br> </div> <div class="col m-4 auteur pull-right noclick"> <div class="inner"> <div class="white"> <a class="switch">Texte</a><br> <b>Caroline Bourgeois</b><br> </div> </div> </div> <div class="clear"><br><br><br></div> <span class="alinea"></span>Claire Tabouret est une peintre figurative, née en 1981, qui a eu sa première exposition en galerie en 2010. Elle est donc encore jeune dans son travail. Or, la maturité dans la pratique de la peinture prend toujours du temps (sauf cas exceptionnel du côté du geste abstrait ou du geste expressionniste). Je souligne cet aspect car nous vivons dans une époque où tout doit aller vite et, en peinture, il me semble qu’au contraire il faille prendre son temps. Plutôt que de rester en France et de se contenter d’un début de succès public, Claire Tabouret décide en 2015 de partir s’installer à Los Angeles afin de se remettre en question et de se confronter à d’autres. <br><br> <span class="alinea"></span>D’entrée, elle s’interroge sur les grands prédecesseurs qui ont pu l’inspirer, tels que Théodore Géricault (1791-1824) ou, plus proche de nous, Marlene Dumas (1953-), avec laquelle elle se reconnaît une certaine affinité, dans l’urgence qui habite l’artiste sud-africaine, ou dans l’importance qu’elle accorde au trait et à la facture. <br><br> <span class="alinea"></span>Le regard fixe de ses personnages vous oblige à les observer et, conjointement, donne l’impression de vous cerner, produisant un sentiment de légère intranquillité, pour reprendre un terme cher à l’écrivain portugais Fernando Pessoa (1888–1935). <br><br> <span class="alinea"></span>Claire Tabouret pose la question du destin individuel au sein d’une communauté, choix qui demande inévitablement une prise de position, une prise de risque. Elle risque la couleur, risque les personnages, risque la position du regardeur, interroge le visiteur… Ce sont les visages et les yeux qui vous regardent et s’interrogent ; qui vous interrogent, également. <br><br> <span class="alinea"></span>Le jeu avec le maquillage parle bien sûr de peinture, de couleur, et évoque la palette avec une heureuse ambiguïté. Mais il évoque aussi le regard de l’autre, la séduction, le rôle de la femme et la sexualité : le maquillage est toujours raté, il provoque une distance critique de l’effet « beauté ». <br><br> <span class="alinea"></span>Les tableaux de Claire Tabouret donnent à regarder la présence de femmes, de celles qui inventent leurs propres règles, de guerrières, même s’il ne s’agit pas de guerre au sens littéral, physique du terme. Elle reflète, dans son travail intime et solitaire, une tendance qui se fait jour avec plus en plus de force, tout autour de nous : le temps des battantes est arrivé.
 
<i>La Grande camisole 2</i>, 2014<br> —<br> Acrylique sur toile<br> 230 × 330 cm<br>
<i>Les Veilleurs</i>, 2014<br> —<br> Acrylique sur toile<br> 230 × 400 cm<br>
<i>Sitting</i>, 2016<br> —<br> Acrylique sur toile<br> 230 × 300 cm<br>
 

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Revue Pinault Collection - Numéro 11

 

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