Musée en Herbe / Paris
Chiho
Aoshima
Takashi
Murakami
Aya
Takano
 
<a class="switch">Texte</a><br> <b>Sylvie Girardet</b><br> Fondatrice et directrice artistique du <br/> Musée en Herbe
 
Depuis 1975, le Musée en Herbe organise des expositions et des parcours-jeux sur des thèmes artistiques, scientifiques et civiques, pour tous les publics de 3 à 103 ans. Le musée clôt la saison JaponismeS 2018 avec « Monstres, Manga et Murakami : une exposition monstrueuse » où sont exposées plusieurs œuvres de la Collection Pinault.


<span class="alinea"></span>La scène artistique japonaise se nourrit de multiples influences et cultures. Si elle repose sur une tradition millénaire, elle a également face à elle le miroir de la culture des mangas, des animés et des jeux vidéos. La richesse de l’imaginaire manga, ses codes tout comme ses personnages atypiques, souvent burlesques, parfois terrifiants <i>(Koweii)</i> ou alors mignons <i>(Kawaii)</i>, imprègnent en effet les œuvres de nombreux artistes contemporains japonais. Takashi Murakami comme les artistes de Kaikai Kiki, son collectif, revendiquent clairement cet ADN. <br/> <br/> <span class="alinea"></span>Les œuvres prêtées par la Collection Pinault sont les jalons des différentes thématiques de l’exposition : <i>le Yume Lion</i> accueille les visiteurs en douceur. Malgré sa taille monumentale, il n’est pas très effrayant, même plutôt mignon et attendrissant avec sa crinière et ses yeux ronds. Il trône au milieu d’une multitude de fleurs colorées de Takashi Murakami et fait face au <i>Roi Léo</i>, dessin animé d’Osamu Tezuka. <br/> <br/> <span class="alinea"></span><i>Inochi</i>, l’enfant-robot à taille humaine et ses petits clones créés par Takashi Murakami sont plus dérangeants, avec leur crâne énorme, leurs yeux très écartés, leur nez et leur bouche minuscules et leurs grandes oreilles. Ils imprègnent fortement par leur présence étrange la seconde partie de l’exposition consacrée aux robots, où ils côtoient <i>Astro Boy</i> et <i>Goldorak</i>. <br/> <br/> <span class="alinea"></span>Une troisième partie assez « monstrueuse » est consacrée aux différents <i>yōkai</i> japonais, au milieu desquels sont présentés plusieurs personnages de Murakami aux multiples visages, comme son double Mr. Dob ou les Kaikai Kiki, gardiens plus ou moins aimables de son œuvre. L’exposition se termine par des œuvres plus graves qui reflètent l’influence sur les artistes des catastrophes naturelles qui s’abattent régulièrement sur le Japon. Ainsi, <i>Sublime Grave Dweller Shinko</i> de Chiho Aoshima nous entraîne avec humour dans le monde des fantômes japonais tandis que Queen of Continent of Mû de Aya Takano, nous fait plonger dans un monde sous-marin imaginaire où vit une reine imposante, aux grands yeux inspirés des personnages de manga. <br/> <br/> <span class="alinea"></span>Cette sélection d’œuvres est complétée par des prêts provenant d’autres collections et galeries, le musée du quai Branly mettant à disposition des estampes traditionnelles et des masques de monstres peuplant les légendes japonaises, comme le terrifiant Kappa. À proximité, sont aussi exposées des planches de Shigeru Mizuki et Osamu Tezuka, immenses mangakas, et celles du maître de l’animé, Hayao Miyazaki. <br/> <br/> <span class="alinea"></span>Pour conclure, une chasse aux monstres interactive entraîne les visiteurs, petits et grands, pour une immersion dans la culture japonaise et une découverte de la scène artistique actuelle pour le moins détonante. Les enfants, public privilégié du Musée en Herbe, peuvent se plonger dans l’exposition grâce à un jeu de piste. Des ateliers et des contes sous les cerisiers en fleurs complètent la visite. <br/> <br/>
Page d'ouverture : <br/> Takashi MURAKAMI <br/> <i>Yume Lion [The Dream Lion]</i>, 2009 <br/>  — <br/> Aluminium, bronze, acier, socle en Corian <br/> 191 × 127 × 110 cm

Takashi MURAKAMI <br/> <i>Inochi Poster (Classroom)</i>, 2004 <br/>  — <br/> Impression jet d’encre <br/> 178 × 145,5 cm
Takashi MURAKAMI <br/> <i>Inochi Poster (Trees in Bloom)</i>, 2004 <br/>  — <br/> Impression jet d’encre <br/> 178 × 145,5 cm
Aya TAKANO <br/> <i>Queen of the Continent of Mu</i>, 2004 <br/>  — <br/> Acrylique sur toile, diptyque <br/> 218,2 × 582 cm
 

Pinault Collection

Revue Pinault Collection - Numéro 12

 

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