Bertille Bak
<a class="switch">Texte</a><br> <b>Pascale Pronnier</b> <br/> <span style="display: none;"> Responsable des programmes artistiques <br/> Le Fresnoy </span>





<span class="alinea"></span>La notion d’identité communautaire habite indéniablement l’œuvre de Bertille Bak, c’est une constante forte, un marqueur qui revient comme un leitmotiv dans ses créations. Sa démarche artistique s’inspire des communautés qu’elle côtoie, se construit à partir des rites, objets et architectures qui les constituent, les unissent et les scellent. Sensible aux contextes sociaux fragilisés, l’artiste recense, collecte et archive les traces et témoignages des populations qu’elle rencontre lors de ses déplacements dans le monde. C’est ainsi que sont nés des films ou des installations avec des immigrés polonais à New York, un groupe tsigane à Ivry-sur-Seine, ou les habitants d’un immeuble voué à la destruction en banlieue de Bangkok… <br/> <br/> <span class="alinea"></span>Authentique conteuse, c’est avec sincérité et modestie que Bertille Bak s’attache à la question du vivre-ensemble, dans une perspective utopique de maintien du lien social. Entre mise en scène et réalité, son œuvre dénonce les dérives de la société contemporaine, s’inscrit dans une forme de résistance optimiste, de lutte collective, animée d’un profond engagement humaniste. Cette intimité avec les personnes permet une certaine forme de légèreté, ses installations, ses films ne sont pas des documentaires et ne sont jamais des procès. Bertille Bak utilise la fiction et plusieurs trames narratives pour mieux cibler les détails révélateurs des conditions humaines à travers le monde. <br/> <br/> <span class="alinea"></span>Ses premiers travaux, initiés en 2005, se portent vers une communauté ouvrière aujourd’hui en voie de disparition, celle des cités minières du nord de la France, qu’elle connaît particulièrement bien, étant petite-fille de mineur. <i>T’as de beaux vieux, tu sais</i> (2007), <i>Faire le mur</i> (2008), et plus récemment <i>Tu redeviendras poussière</i> (2017) sont des œuvres qui expriment les rêves d’émancipation des habitants. Bertille Bak accompagne artistiquement leurs révoltes. À travers ses vidéos, installations, dessins et canevas, elle s’attache à faire revivre la mémoire des corons et de leurs habitants, témoignant d’un territoire en profonde mutation. Entre drôlerie et nostalgie, l’artiste pointe le temps qui passe, l’ennui et la solitude ; elle renverse les codes établis et porte un nouveau regard sur les rapports intergénérationnels. <br/> <br/> <span class="alinea"></span>Cette artiste tente de créer légitimement des liens entre le monde ouvrier et l’art. Ainsi Bertille Bak a décidé de continuer à approfondir ses recherches, ses créations en étroite résonance avec ce territoire si familier. <br/> <br/>
 

Pinault Collection

Revue Pinault Collection - Numéro 13

 

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