palazzo grassi a récemment programmé deux concerts de musique expérimentale et électronique : un <i>live</i> en avant-première mondiale du nouvel album de Robert Henke, dans l’atrium de palazzo grassi, puis une performance interactive de l’artiste allemand Carsten Nicolai, alias Alva Noto au teatrino.


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<u>Texte</u> <br/> <b>Mauro Baronchelli</b>



<span class="alinea"></span>Au cours des dernières années, l’offre du Palazzo Grassi en matière de musique expérimentale et électronique s’est étoffée et diversifiée, tant à l’intérieur du Teatrino du Palazzo Grassi que, de façon plus étonnante, à travers l’utilisation atypique des espaces d’exposition dans les deux musées. <br/> <br/> <span class="alinea"></span>En effet, le 26 janvier de cette année, au Palazzo Grassi, si un potentiel visiteur s’était penché du balcon du deuxième étage au-dessus de l’atrium central, ce n’est pas <i>Schwarzheide</i>, la mosaïque monumentale réalisée par Luc Tuymans pour son exposition « La Pelle », qu’il aurait pu admirer. Il y aurait découvert des amplificateurs suspendus dans le vide, au-dessus d’enceintes disposées au sol et délimitant le périmètre de la cour principale. <br/> <br/> <span class="alinea"></span>Il s’agissait d’une installation sonore complexe, en 3D, imaginée par l’artiste Robert Henke. Connu au niveau international comme l’un des précurseurs travaillant à la croisée entre recherche musicale et programmation digitale, il allait présenter pour la première fois au public <i>Venice Dust</i>, résultat d’une résidence organisée du 14 au 26 janvier 2019 par Corte Supernova à Venise. <br/> <br/> <span class="alinea"></span>Le projet, présenté ainsi devant 450 personnes, proposait une immersion totale au cœur de l’atmosphère et des particularités sonores de Venise, seule cité au monde échappant au vacarme des voitures, où les pas raisonnent en alternance avec le bruit de l’eau. <br/> <br/> <span class="alinea"></span>Baignée dans un éclairage écarlate très particulier qui modifiait totalement la perception de l’espace, la présentation de <i>Venice Dust</i> était précédée ce soir-là par le set algorithmique de Renick Bell et suivi par celui d’Electric Indigo, qui termina la soirée en entraînant le public sur la piste de danse. <br/> <br/> <span class="alinea"></span>Quelques mois plus tard, ce furent encore des lumières rouge vif qui illuminèrent le Teatrino, pour la performance d’un autre monstre sacré de l’électronique, l’artiste allemand Carsten Nicolai, mieux connu sous le pseudonyme d’Alva Noto, qui avait déjà investi la Punta della Dogana en 2016, lors de la première édition de la manifestation Set Up. <br/> <br/> <span class="alinea"></span>Durant l’événement, qui s’est tenu le 11 mai pour l’ouverture de la Biennale et qui était promu en collaboration avec le pavillon de Mongolie, sous le commissariat de Gantuya Mcasa et de l’artiste lui-même, Alva Noto s’est produit en compagnie d’Ashit Nergui, Damdin Khadkhuu, Davaasuren Damjin et Undarmaa Altangerel, maîtres du chant guttural, dans un dialogue long de quarante minutes entre mélopées hypnotiques et sonorité pulsées obsédantes.
 

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Revue Pinault Collection - Numéro 13

 

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