PINAULT
COLLECTION
numéro 05
Octobre 2015
Mars 2016
 
<div style="text-align: right;"> <b>Jean-Jacques<br>Aillagon</b> </div> <br /> <br /> <br /> <br /> <div> <span class="alinea"></span>La cinquième livraison de la revue Pinault Collection coïncide avec le lancement du Prix Pierre Daix d’histoire de l’art moderne et contemporain, décerné pour la première fois à l’automne 2015. Ce prix, dont nous rendrons compte dans nos prochains numéros, a été voulu par François Pinault pour rendre hommage à la mémoire de son ami Pierre Daix, disparu l’an passé. Pierre Daix fut l’un de ces héros, de ces héraults de la liberté dont le XXe siècle, perclus de drames et d’oppressions, eut tant besoin. Son idée de la liberté lui fit considérer qu’il fallait toujours se méfier des idées toutes faites, des lieux communs, des préjugés. <br /> <span class="alinea"></span>J’aime qu’une grande collection d’art comme la collection Pinault se déploie avec la même imprévisible liberté. Être, à la fois, spectaculairement engagé à Venise et à Plouër-sur-Rance révèle de la part de celui qui anime cette collection un joyeux mépris des conventions trop établies. Quand s’ajoute, à ce parti pris de liberté, celui de susciter, en plein cœur de l’ancien bassin minier du Nord Pas-de-Calais, une résidence d’artistes, on voit que le refus de se cantonner aux sentiers battus dessine bien la personnalité de cette collection, et celle de son auteur. <br /> <span class="alinea"></span>Le goût de la liberté, le refus de la norme, caractérisent également la manière alerte dont se rencontrent, au cours du prochain semestre, dans l’activité de la collection Pinault, des artistes de générations diverses : ceux nés dans les années 1910, comme Carol Rama, les années 1920, comme Georges Noël, les années 1930, comme Martial Raysse, les années 1940, comme Bertrand Lavier, les années 1950, comme Jean-Luc Moulène, Thomas Houseago et Jeff Koons, les années 1960, comme Philippe Parreno, les années 1970, comme Danh Vo, Lili Reynaud-Dewar et Raphaëlle Ricol, les années 1980, comme Cyprien Gaillard... Si le collectionneur s’est délibérément fixé pour objet d’explorer la contemporanéité, il sait que celle-ci a des racines, et que, dans le fond, reste contemporain tout ce qui dans l’histoire de la production artistique continue d’être marqué par le questionnement, l’incertitude, le risque. <br /> <span class="alinea"></span>Ce risque, c’est aussi le moteur qui autorise à reconsidérer l’écriture de l’histoire de l’art, comme le fait l’exposition Martial Raysse, bousculant avec délice les conventions et les catégories stériles. La même liberté parcourt l’exposition « Slip of the Tongue ». À rebours de tous les a priori, Danh Vo y convoque des œuvres glanées au fil de son regard, de son esprit, de sa curiosité, de son désir et de son histoire, elle aussi si cruellement marquée par l’aspiration à la liberté.<br> <br /> Liberté, liberté chérie... </div>
 

Pinault Collection

Revue Pinault Collection - Numéro 05

 

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