Hangar Bicocca
Milan
 
Philippe Parreno
 
Texte
Martin Bethenod
Directeur du Palazzo Grassi —<br>Punta della Dogana
 
Après le Palais de Tokyo à l'hiver 2014 et Park Avenue Armory à l'été 2015, Hangar Bicocca présente à Milan, d'octobre 2015 à février 2016, une grande exposition de Philippe Parreno : « Hypothesis ».
 
<a href="https://vimeo.com/135300507" target="_blank" class="scrolltext-link">Vidéo de l'exposition</a> <br><br><br> <span class="alinea"></span>En 2006, à la galerie Esther Schipper de Berlin, Philippe Parreno présente la première œuvre de ce qui deviendra la série des « Marquee ». Ces pièces évoquant les auvents lumineux qui protègent l’entrée des théâtres et des cinémas américains, en même temps qu’ils en annoncent le programme, deviennent un élément central du vocabulaire de l’artiste. On les retrouve ainsi, notamment sur la façade du Solomon R. Guggenheim Museum de New York ou à l’entrée de la galerie sud du Centre Pompidou en 2008.<br> <br> <span class="alinea"></span>En 2014, dans l’exposition « Anywhere, Anywhere Out of the World » au Palais de Tokyo, elles sont rassemblées pour la première fois en une magistrale <i>Marquee Street</i>, polyphonie de scintillements que pilote un cerveau informatique hanté par la musique (et l’histoire) du <i>Petrouschka</i> de Stravinsky. En 2015, pour « H{N)YPN(Y}OSIS », une installation renouvelée, intitulée <i>Danny the Street</i> (du nom d’un étrange personnage de DC Comics qui prend la forme d’une rue et communique à travers le langage des vitrines, des affiches et des néons) occupe le monumental Wade Thompson Drill Hall du Park Avenue Armory. Pour Roxana Fabius et Elizabeth Larison, qui ont collaboré au commissariat de l’exposition new-yorkaise, les « Marquee » renvoient aux thématiques essentielles de l’œuvre de Philippe Parreno : l’exploration de « la manière dont les entités transcendent une forme originale donnée […] la mise en présence des multiples modes d’existence alternative, incluant les fantômes, les super héros, les automates et les avatars » ( 1 ).<br> <br> <span class="alinea"></span>À Venise (où une autre œuvre de la même série avait déjà marqué le seuil du Pavillon international de la Biennale 2011 conçue par Bice Curiger), deux <i>Marquee</i> de 2013 faisant partie de la collection Pinault ont été présentées. La première de juin 2013 à mars 2015, installée pour l’exposition « Prima Materia » sur la façade de Punta della Dogana, Campo della Salute, jouait sur les registres du halo, de la lueur, de la lenteur, aux limites du perceptible. La seconde, accrochée d’avril 2014 à janvier 2015 pour l’exposition « L’Illusion des lumières » dans le grand escalier de Palazzo Grassi, parmi les fresques et décors XVIIIe de Morlaiter et Zanchi, jouait en revanche de contrastes et de rythmes plus francs, ainsi que de leur puissance d’éblouissement et de rémanence. Durant un été, un automne et un hiver, ces deux pièces ont entretenu, de part et d’autre du Grand Canal, un dialogue virtuel. Une conversation muette entre deux œuvres d’art, entre deux fantômes. Comme l’artiste le confiait à Hans Ulrich Obrist, lors de l’entretien publié dans le catalogue de « Prima Materia » : « On peut entasser des œuvres d’art au musée pendant des années, mais au moment de les ressortir il est nécessaire de repenser à la manière de les exposer. Ce sont des fantômes. Dans certains cas elles ont déjà une bande son, pour les autres il faut l’écrire. L’histoire peut aider à écrire cette bande son, mais, avec le temps, les objets meurent ou doivent être réinventés comme faisant partie d’une nouvelle narration 
Philippe PARRENO<br><i>Marquee</i>, 2013 — Plexiglass, ampoules, tubes néons <br>176,9 × 297,5 × 110,8 cm
Philippe PARRENO<br><i>Marquee</i>, 2013 — Plexiglass, ampoules, tubes néons <br>176,9 × 297,5 × 110,8 cm
Philippe PARRENO<br>Vue d’exposition, <i>Park Avenue Armory</i>, New York, 2015
 
Philippe PARRENO<br>Vue d’exposition, <i>« L’Illusion des lumières »</i> (Palazzo Grassi, 2014)
 

Pinault Collection

Revue Pinault Collection - Numéro 05

 

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