PINAULT
COLLECTION
numéro 06
Avril
Septembre 2016
 
<div style="text-align: right;"> <b>Jean-Jacques<br>Aillagon</b> </div> <br /> <br /> <br /> <br /> <div> <span class="alinea"></span>Il y a dix ans, le 29 avril 2006, Palazzo Grassi ouvrait avec l’exposition « Where Are We Going? » conçue par Alison Gingeras. Moins d’un an auparavant, François Pinault s’était porté acquéreur de ce haut lieu de la vie culturelle vénitienne, dont Fiat avait interrompu l’activité après l’avoir brillamment assurée au cours des décennies précédentes sous la direction, notamment, de Pontus Hultén. Le choix fait par François Pinault d’installer les activités de sa collection à Venise, après l’annonce, le 10 mai 2005, dans une tribune publiée dans <i>Le Monde</i>, de sa décision de mettre un terme au projet de créer un musée dans l’île Seguin à Boulogne Billancourt, avait été mûrement réfléchi. Ce choix avait pu être mené à son terme, à la faveur d’un dialogue constructif avec deux maires de Venise successifs, Paolo Costa, puis, à partir d’avril 2005, Massimo Cacciari. À peine François Pinault avait-il confié à Tadao Ando le soin de réaménager les espaces de Palazzo Grassi que, déjà, le maire-philosophe Cacciari l’invitait à s’intéresser à un second site dans la cité des Doges, la célèbre « Douane de mer », dont le bâtiment en mauvais état, à la pointe de Dorsoduro, était fermé depuis que les activités des douanes italiennes en avaient été déménagées. C’est dans le cadre d’un appel d’offres qui fut rude, le Guggenheim s’y étant <i>in extremis</i> également présenté, que la concession en fut confiée par la Commune de Venise à Palazzo Grassi, donc à François Pinault. L’ouverture de la Pointe de la Douane, elle aussi rénovée par Tadao Ando avec le concours vigilant de la surintendante du patrimoine, à l’époque l’architecte Renata Codello, fut célébrée le 6 juin 2009 avec l’exposition « Mapping the Studio ».<br><br> <span class="alinea"></span>J’avais eu l’honneur, et, je peux dire la joie, d’être associé à cette première époque de l’implantation de la collection Pinault à Venise, n’en quittant la direction qu’en juin 2007 pour prendre la présidence du Château de Versailles. Aujourd’hui, je constate avec satisfaction la réussite de cet enracinement de la collection Pinault à Venise, sur trois sites désormais, puisque s’est ajouté aux deux précédents le Teatrino, magistralement recréé par le même Tadao Ando ; l’ensemble étant depuis 2010 remarquablement orchestré par Martin Bethenod à qui François Pinault en a confié la direction.<br><br> <span class="alinea"></span>En s’installant à Venise, François Pinault n’a pas cédé à la fameuse « tentation de Venise » dont parle Alain Juppé. Il a fait le choix d’une paradoxale « ville-monde », une ville dont la somptueuse parure recouvre désormais une cité immense par son rayonnement, par l’éclat des grands événements mondiaux qu’elle accueille — en premier lieu la Biennale d’art qui, toutes les années impaires, attire tout ce que le monde compte d’artistes, de collectionneurs, de conservateurs de musées, de galeristes, de critiques et d’amateurs. Une ville capitale donc. Une ville pour l’art.</div>
 

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Revue Pinault Collection - Numéro 06

 

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