<span class="chapeau">Pour son dixième anniversaire, le musée du Quai Branly programme l'exposition « Jacques Chirac et le dialogue des cultures », un portrait culturel de l'ancien président de la République à l''origine de la création du musée.</span><br><br> <div class="col m-4 auteur pull-left"> <div class="inner"> <div class="white"> <a class="switch">Texte</a><br> <b>Jean-Jacques Aillagon</b><br> <span>Ancien ministre, commissaire de l’exposition</span> </div> </div> </div><br> <br><br><br><br> <div class="col m-4"><span class="title">Adel</span><br><br> <span class="alinea"></span><span class="title">Abdessemed</span></div> <div class="col m-10 pull-right align-right"><span class="lieu">Musée du quai branly<br></span> <span class="lieu">Paris</span><br></div> <div class="clearfix"> <br><br> <span class="alinea"></span>Que Pinault Collection — ainsi que Monsieur et Madame François Pinault — soient prêteurs de l’exposition « Jacques Chirac ou le dialogue des cultures » n’a rien d’étonnant. Cela fait plus de quarante ans que François Pinault entretient avec celui qui fut maire de Paris de 1977 à 1995, puis Président de la République jusqu’en 2007, une relation sincère et amicale. On l’a souvent rapporté, cette relation trouve son origine dans le sauvetage, par François Pinault, à la requête de Jacques Chirac, d’une menuiserie en Corrèze, à une époque où celui qui allait fonder PPR, devenu Kering en 2013, déployait l’essentiel de son activité dans le commerce du bois. Les deux hommes avaient fait, jeunes, la dure expérience de la guerre, en Algérie, ce qui devait, à tout jamais, marquer leur caractère et les disposer à une semblable haine de la violence. Celui qui, issu de la moyenne bourgeoisie, venait d’un cursus scolaire prestigieux — Louis-le-Grand, Sciences Po, l’ENA — se retrouvait ainsi de plain-pied avec celui dont l’origine plongeait dans la campagne bretonne et qui avait quitté l’école dès l’âge de 16 ans. L’un et l’autre manifesteront le même attachement à leurs origines terriennes, pour l’un la Corrèze de ses aïeux instituteurs, républicains et francs-maçons, pour l’autre la Bretagne, écartelée entre la fidélité à l’Église et l’amour de la République. Leur sens aigu du local, des racines, ne les a éloignés cependant, ni l’un ni l’autre, d’une perception vive de la richesse et de la diversité culturelle du monde, de celle de sa globalité, qui ne doit en aucun cas devenir une uniformité. L’engagement permanent de Jacques Chirac en faveur du dialogue des cultures, le rôle éminent qu’il a joué dans l’élaboration, par l’UNESCO, de la convention sur la diversité culturelle, le montrent. Quant à François Pinault, c’est à travers sa collection et les expositions qu’elle permet, qu’il manifeste une conviction identique, rassemblant des artistes originaires de toutes les parties du monde, sensible à l’engagement humaniste, et parfois même protestataire, de leur travail. En témoigne, ce <i>Cri </i>d’Adel Abdessemed, artiste d’origine kabyle, enraciné dans la culture française, et devenu un acteur de la scène artistique mondiale. Son <i>Cri</i>, c’est celui de toutes les détresses, celui qu’inspirent toutes les horreurs, celui qui a retenti, le 8 juin 1972, à Trang Bang, au Vietnam, sous le regard du photographe Nick Ut, dans la gorge épouvantée de la petite Kim Phuc fuyant les bombardements américains au napalm.<br><br> </div>
Adel ABDESSEMED<br /><i>Cri</i> — 2015 — Ivoire d’éléphant — 140 × 65 × 38 cm
 

Pinault Collection

Revue Pinault Collection - Numéro 06

 

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