<span class="chapeau">L'aquarelle <i>La musique est comme la peinture</i> sera présentée au Kunsthaus Zurich en 2016 puis au Museum of modern art de New York pour la rétrospective itinérante consacrée à l'œuvre de francis Picabia.</span><br><br> <div class="col m-4 auteur pull-left noclick"> <div class="inner"> <div class="white"> <a class="switch">Texte</a><br> <b>Lysandre Enanaa</b> </div> </div> </div><br> <br><br><br><br> <div class="col m-4"><span class="title">Francis</span><br><br> <span class="alinea"></span><span class="title">Picabia</span></div> <div class="col m-10 pull-right align-right"><span class="lieu">Kunsthaus<br></span> <span class="lieu">Zurich</span><br></div> <div class="clearfix"> <br><br> <span class="alinea"></span>Au Salon de la locomotion aérienne en 1912, Marcel Duchamp aurait déclaré à Constantin Brancusi et Fernand Léger : « Qui pourra faire mieux que cette hélice ? ». Fasciné par le progrès technique, il initie le style mécanomorphe qui reprend les codes du dessin industriel et influence les avant-gardes des années 1910. Toutefois, en titrant leurs œuvres mécanomorphes d’aphorismes ironiques ou poétiques, les artistes tournent en dérision cet élan mécaniste prôné à la même époque par les futuristes italiens. Sans prendre le parti de l’abstrait ou du figuratif, ces compositions renouvellent l’esthétique cubiste du collage et anticipent aussi bien les calligrammes de Guillaume Apollinaire que l’iconoclasme de Dada. <br><br> <span class="alinea"></span> Dès 1913, Francis Picabia recopie des détails de machines, invente des objets manufacturés et simplifie des schémas issus de magazines scientifiques. <i>La musique est comme la peinture</i> est emblématique de la série d’œuvres mécanomorphes exécutées à New York et Barcelone, entre 1915 et 1917, au moment où Picabia — soutenu par Duchamp et Man Ray — lance la revue <i>391</i>. Cette mise en couleur d’un schéma scientifique des trois rayonnements d’atomes radioactifs évoque des vibrations sonores couchées sur le papier. Ces courbes multicolores, comme sorties d’un arc-en-ciel, symbolisent la double capacité de la musique et de la peinture à stimuler à la fois l’ouïe (physiquement) et la vue (métaphoriquement) comme pourrait le faire le mouvement de la danse. Picabia défend ainsi la possibilité d’une approche musicale de l’abstraction, toujours soumise au rythme implacable des machines : une relation idéale entre l’iris et le tympan, entre l’art et la musique, et aussi, peut-être entre Picabia et son épouse, la musicienne Gabrielle Buffet.<br><br> </div>
 
Francis PICABIA<br /><i>La musique est comme la peinture</i> — 1916 — Encre de Chine, gouache et aquarelle sur carton — 122 × 66 cm
 

Pinault Collection

Revue Pinault Collection - Numéro 06

 

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