<span class="chapeau">De sa carrière fulgurante, l'artiste franco-israélien Absalon (1964-1993) a laissé une œuvre singulière et forte, marquée par les questions existentielles et sociales du tournant des années quatre-vingt-dix.</span> <br><br> <div class="auteur col m-4 noclick"> <div class="inner"> <div class="white"> <a class="switch">Texte</a><br> <b>Lysandre Enanaa</b><br> </div> </div> </div> <br><br><br> <div class="clearfix"> <span class="col m-3"> </span><span class="title">Absalon</span> </div> <div class="clearfix"> <br><br> <span class="alinea"></span>Né en Israël, Eshel Meir arrive en France dans les années quatre-vingt pour étudier aux Beaux-Arts et commence à se faire appeler Absalon. Après ses premières œuvres — petits objets usuels en bois peint, carton, terre et ficelle — il s’oriente rapidement vers la confection de volumes géométriques en série. Ils se caractérisent par un vocabulaire délibérément limité et systématique : un répertoire de formes basiques et épurées, disposées sur des plateaux ou dans des vitrines, toutes à la même échelle et unifiées d’une même peinture blanc mat. <br><br> <span class="alinea"></span> Ces modalités d’occupation de l’espace par des volumes abstraits se déclinent en propositions d’habitation. Ces dernières empruntent au Bauhaus et à Le Corbusier les volumes simples et les aménagements minimalistes sans consentir au fonctionnalisme ou tomber dans l’utopie. Manifestant le parti pris concomitant de l’artiste pour la sculpture et l’architecture, elles sont aussi les héritières non seulement des architectones de Kasimir Malevitch — modèles de sculptures expérimentaux produits au début des années vingt — mais aussi des sculptures habitacles d’André Bloc, ingénieur, architecte et plasticien qui expérimente sous forme de pavillons dans son jardin de Meudon l’idée d’une synthèse entre sculpture et architecture.<br><br> <span class="alinea"></span> Emporté à vingt-huit ans par le SIDA, Absalon laisse une proposition d’urbanisme symbolique, une œuvre personnelle, à la dimension du corps malade de l’artiste. Les unités d’habitation individuelles, cadre privilégié de l’intime, renvoient à la solitude de la maladie ; la manie de l’organisation et du rangement évoque les contraintes de la séropositivité ; le souci de pureté suggère l’hygiénisme des traitements... Commissaire de l’exposition « Absalon. Habiter la contrainte » (Cellule 516, Marseille, 2013), Audrey Koulinsky définit le projet d’Absalon comme une œuvre « où art et vie s’entremêlent jusqu’à l’indistinction, créant <i>in fine</i> un dispositif propre à « fabriquer » du changement. Et c’est bien là que se trouve le désir de cet artiste : organiser le changement pour le changement, sans y adjoindre l’idée de progrès ».<br><br> </div>
ABSALON<br /><i>Proposition d’objets quotidiens</i>, 1990 — Bois, carton, plâtre (18 éléments) — 15 × 160 × 54 cm
 

Pinault Collection

Revue Pinault Collection - Numéro 06

 

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