<span class="chapeau">À l'occasion de son exposition à Palazzo Grassi, Martial Raysse a tenu une conférence, le 18 novembre 2015 au Teatrino de palazzo grassi, dont voici quelques extraits.</span><br><br><br> <div class="clearfix"><span class="col m-1"> </span><span class="title">«mettre de la beauté </span><br> <span class="col m-5"> </span><span class="title col">dans le monde»</span> </div><br> <div class="col m-4 auteur noclick"> <div class="inner"> <div class="white"> <a class="switch">Texte</a><br> <b>Martial Raysse</b> </div> </div> </div><br><br> <div class="clearfix"> <br><br><br> <span class="alinea"></span>« Une peinture symbolique — ou un symbole — ce n’est pas fait pour que les gens comprennent immédiatement et sans efforts. Souvent les gens me demandent : qu’est-ce que vous avez voulu dire là ? Mais si on donne tout de suite l’explication, si le spectateur ne fait pas lui-même l’effort de rechercher, d’étudier, de se cultiver, alors il ne peut faire aucun progrès. C’est en cherchant qu’on progresse. Par exemple, devant ce tableau de Poussin, <i>Orion aveugle</i>, on se demande qui est Orion. Alors on cherche qui il est. Puis, comme on voit qu’il tient une petite bonne femme avec un croissant sur la tête, on cherche à nouveau qui elle peut être… et cette recherche vous renvoie à un corpus de livres, à un corpus d’images, et vous découvrez un monde nouveau, et vous progressez, vous vous changez vous-même. Quand on parle des alchimistes qui cherchaient la pierre philosophale, ou à transformer le plomb en or, il faut comprendre qu’en réalité le but de leur recherche c’était la transformation d’eux-mêmes, à travers une longue pratique quotidienne, un long travail, qui leur permettait de s’améliorer à chaque fois. Toutes les disciplines sur cette terre ne prennent leur valeur que de la continuité dans laquelle elles sont faites, sans cesse ». [...]<br><br> <span class="alinea"></span>« Lorsque les sages de la Torah s’expriment, ils ne parlent jamais en leur nom. Ils parlent au nom d’un maître qui les a précédés. De même — vous voudrez bien le comprendre —, je ne parle pas de mon œuvre en mon seul nom, moi, Martial Raysse, mais je parle au nom de Lucian Freud, au nom d’Otto Dix, au nom d’Ingres, au nom de Piero della Francesca… Je parle au nom de la grande peinture. Je ne parle point tant de ce que je peux faire moi, mais de ce que la grande peinture me donne comme rectitude. » [...] <br><br> <span class="alinea"></span>« À quoi sert la culture ? À donner le choix, à apprendre à vivre. C’est une école de liberté, plus importante et précieuse que jamais, parce que nous vivons une époque d’une rare violence. La culture, c’est la vie même. C’est à travers l’art qu’on prend conscience tout à coup de ce que la vie est la vie. Et le but de l’art c’est de défendre la vie. Pourquoi suis-je peintre ? Pour mettre de la beauté dans le monde ».<br><br></div>
 

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Revue Pinault Collection - Numéro 06

 

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