Paris
Centre Pompidou
 
Cy Twombly
 
Texte
Jonas Storsve
<br>Commissaire de l’exposition<br><br>
 
Pour la première fois, et à l’occasion de la grande rétrospective consacrée à Cy Twombly par le Centre Pompidou, La Collection Pinault a accepté de prêter <i>Coronation of Sesostris</i>, l’une des œuvres les plus importantes du peintre américain.
 
<span class="alinea"></span><i>Coronation of Sesostris</i>, 2000, appartient à ces grands cycles de peintures qui jalonnent l’œuvre de Cy Twombly à l’instar d’autres chefs-d’œuvre comme <i>Nine Discourses on Commodus</i>, 1963 (Collection Guggenheim, Bilbao), <i>Fifty Days at Iliam,</i> 1978 (Collection Philadelphia Museum of Art) et <i>Lepanto</i>, 2001 (Collection Museum Brandhorst, Munich). À la différence des nombreuses séries purement abstraites qu’il a également réalisées, ces cycles comportent toujours des éléments narratifs. <br><br> <span class="alinea"></span>Suivant le cheminement du dieu soleil égyptien Râ qui traverse le ciel à bord de sa barque solaire de la pointe du jour jusqu’à la fin de la nuit, Cy Twombly traduit ce passage sans cesse répété sur dix toiles de tailles différentes, associant le nom du pharaon de la XIIe dynastie du Moyen Empire, Sesostris I, aux vers des poètes antiques Sappho et Alcman ainsi que de la poétesse contemporaine Patricia Waters. Alors que le cycle débute avec des toiles lumineuses dominées par du jaune et du rouge, couleurs solaires par excellence, Twombly le clôt avec une peinture en noir et blanc dominée par une évocation douce-amère d’Éros extraite d’un fragment de poème de Sappho : « Weaver of Myth/Eros, sweet and bitter/ Eros, bringer of pain ». <br><br> <span class="alinea"></span>Cy Twombly commença le cycle en Italie mais ce n’est que lorsqu’il eut envoyé les toiles à Lexington qu’il parvint à les terminer. À Nicholas Serota, directeur de la Tate Gallery, il raconte en 2007 dans un des rares entretiens qui existent : « Lorsque je travaille, je travaille très rapidement, mais me préparer au travail peut prendre n’importe quelle durée de temps. Cela peut même prendre un an. Maintenant les choses se mettent en place toutes seules en quelque sorte – vous savez, comme pour les peintures du <i>Couronnement de Sesostris</i>. Elles ont été commencées à Bassano, et accrochées à l’étage pendant des années. J’aime le disque solaire parce que j’ai réussi à peindre de manière très enfantine, très immédiate. Ensuite je les ai envoyées en Virginie et je les ai finies. […] C’est un de mes ensembles favoris ». <br><br> <span class="alinea"></span>Dans les photographies de Sally Mann, récemment publiées dans son livre <i>Remembered Light</i>, (2016) on voit en effet les toiles libres simplement clouées au mur dans le petit atelier de Lexington. C’est seulement une fois terminées qu’elles furent montées sur châssis. On constate d’ailleurs que chaque toile est d’un format différent. <br><br> <span class="alinea"></span>Depuis son exposition à la galerie Gagosian à New York en 2000, le cycle n’a été exposé que deux fois : en 2006 à Palazzo Grassi et en 2011 à Punta de la Dogana. Son prêt exceptionnel à la rétrospective Cy Twombly au Centre Pompidou sera sa première présentation en Europe en dehors de Venise. <br><br><br> <span style="font-size:15px;line-height: 18px;"> Cy TWOMBLY <br><i>Coronation of Sesostris</i> — 2000 — Acrylique, craie grasse, crayon sur toile, 10 parties <br> Par ordre d’apparition :<br> 205,1 × 157,2 cm / 206,4 × 139,1 cm / 203,1 × 136,5 cm / 206,1 × 246,4 cm / 206,1 × 156,5 cm / 203,7 × 155,6 cm / 201,6 × 154,6 cm / 207 × 246,7 cm / 207,3 × 155,9 cm / 204,8 × 154,9 cm</span>
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Revue Pinault Collection - Numéro 07

 

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