Villa Sauber
Nouveau Musée National
de Monaco
 
Francesco Vezzoli
 
Texte
Cristiano Raimondi
<br>Développement et projets internationaux<br>NMNM<br><br>
 
Francesco VEZZOLI <br> <i>Francesco by Francesco : Happily Ever After</i> — 2002 — (détail) Impressions laser sur toile et broderie métallique 66 × 54 cm
 
Francesco VEZZOLI <br> <i>Francesco by Francesco : Happily Ever After</i> — 2002 — (détail) Impressions laser sur toile et broderie métallique 66 × 54 cm
 
Francesco VEZZOLI <br> <i>Francesco by Francesco : Happily Ever After</i> — 2002 — (détail) Impressions laser sur toile et broderie métallique 66 × 54 cm
 
<!-- ----- chapeau ------ --> <span class="chapeau">Marlene Dietrich séjourna à Monaco en 1956 pour le tournage du film <i>Une histoire de Monte Carlo</i>, dans lequel elle interprétait le rôle de la marquise de Crèvecœur, aux côtés de Vittorio de Sica. Soixante ans plus tard, Francesco Vezzoli célèbre le mythe de l’actrice allemande en réalisant « Villa Marlene », une EXPOSITION, un travail conceptuel construit et pensé spécialement pour les espaces de la Villa Sauber, l’un des deux lieux du Nouveau Musée National de Monaco.</span> <!-- ----- texte ------ --> <div class="clearfix"> <br><br> <span class="alinea"></span>« Villa Marlene » est un écrin déstabilisant, le simulacre d’une passion qui accompagne Vezzoli depuis près de quinze ans, dès l’instant où il découvre le documentaire <i>Marlene</i> réalisé en 1986 par Maximilian Schell, et qu’il décide alors d’étudier et de décrypter l’image ambiguë de l’Ange Bleu. <br><br> <span class="alinea"></span>Dans le film de Schell, l’actrice, dans la force de l’âge, accorde pour seul privilège celui de prêter sa voix, qui est pour Vezzoli « la métaphore de l’identité de la diva, le pouvoir de l’absence et la possibilité d’en évoquer l’essence même ». Schell a également, dans ce film, l’idée invraisemblable et ambitieuse de mettre en scène l’artiste Anni Albers — alors octogénaire — dans une brève apparition. Cet assemblage, cette superposition de deux personnalités aussi différentes, suscite chez Vezzoli une profonde fascination. <br><br> <span class="alinea"></span>« Villa Marlene » est un moyen de rendre hommage à l’actrice allemande, en la transposant dans une réalité idéalisée, rassemblant une collection d’œuvres d’art réalisées par les plus grands artistes du XXe siècle. Francesco Vezzoli a donc transformé les espaces du musée en ce qui aurait pu être la demeure luxueuse de Dietrich. Un musée / mausolée dans lequel des portraits de la diva, réalisés en 2016 par Vezzoli, et attribués des artistes comme Modigliani, Magritte, De Chirico ou Francis Bacon, sont présentés à l’intérieur d’un décor original et accompagnés d’affiches et de reliques. Marlene est omniprésente dans l’exposition : son parfum, « Vol de Nuit » de Guerlain, enivre les spectateurs et agit tel un fantôme qui les accompagne dans la visite en leur susurrant son absence. <br><br> <span class="alinea"></span>Le parcours de l’exposition se termine par la présentation du film <i>Marlene Redux: a True Hollywood Story!</i> une fiction, parodie d’un programme de télé réalité populaire aux États-Unis qui retrace la carrière protéiforme de Vezzoli. Entre interviews et images d’archives, le film trouve son point culminant dans la mort de l’artiste lui-même, victime d’hallucinations dues à l’échec de son <i>remake</i> de l’œuvre de Schell. Cette humiliation représente la fin d’un rêve et d’une mission qui aurait finalement pu célébrer Vezzoli comme un auteur privilégié dans la construction du mythe de Marlene. <i>Marlene Redux: a True Hollywood Story!</i> sert de clef de voûte à la compréhension de cette exposition. Entre réalité et fiction, langage et jeux de langages, le film est une vraie supercherie, une mise en scène parfaite, digne des meilleures productions hollywoodiennes ou des services de renseignements américains. <br><br> <span class="alinea"></span>Dans cette grande fiction qu’est « Villa Marlene » sont aussi présentées les trois tapisseries réalisées par Francesco Vezzoli en 2006, hommage au langage formel et à l’esprit moderniste de Joseph et Anni Albers, qu’il intitule, de manière anecdotique, <i>Untitled (Marlene Redux: a True Hollywood Story!).</i> Grâce à l’expérience de Schell, l’image de Dietrich devient pour Vezzoli indissociable de celle d’Anni Albers : du même âge, toutes deux émigrées aux États-Unis du fait de leur opposition au régime nazi, les deux artistes représentent pour Vezzoli l’incarnation de deux mythes universels opposés et a priori inconciliables. Marlene, qui inspira des générations d’icônes comme Marilyn Monroe ou Madonna est la première artiste qui travaille son image médiatique, et représente ainsi les prémices de la culture pop. Anni Albers, moderne, austère et plutôt modeste, représente, quant à elle, l’image de la femme libérée et intellectuelle. <br><br> <span class="alinea"></span>Francesco Vezzoli, tel un anthropologue, décrypte les codes culturels sous-jacents des deux figures féminines et trouve l’alchimie qui les rend indissociables : leur engagement politique et leur écart phénoménologique. Tout comme chez les situationnistes, la réalité et sa représentation sont constamment remises en question par une expérience sensorielle globale, capable d’incarner et de suggérer les archétypes de notre société. À travers une machine philosophique qui fait du glamour et de ses dérivations son champ d’étude privilégiée, Francesco Vezzoli nous présente une vision lucide et parfois amère de l’histoire de l’image. </div>
Francesco VEZZOLI <br> <i>Marlene Redux : a True Hollywood Story!</i> — 2006 — (captures d'écran) Installation vidéo et trois tapisseries 14’ 14’’ Dimensions variables
Francesco VEZZOLI <br> <i>Marlene Redux : a True Hollywood Story!</i> — 2006 — (captures d'écran) Installation vidéo et trois tapisseries 14’ 14’’ Dimensions variables
Francesco VEZZOLI <br> <i>Marlene Redux : a True Hollywood Story!</i> — 2006 — (captures d'écran) Installation vidéo et trois tapisseries 14’ 14’’ Dimensions variables
Francesco VEZZOLI <br> <i>Marlene Redux : a True Hollywood Story!</i> — 2006 — (captures d'écran) Installation vidéo et trois tapisseries 14’ 14’’ Dimensions variables
Francesco VEZZOLI <br> <i>Marlene Redux : a True Hollywood Story!</i> — 2006 — (captures d'écran) Installation vidéo et trois tapisseries 14’ 14’’ Dimensions variables
Francesco VEZZOLI <br> <i>Marlene Redux : a True Hollywood Story!</i> — 2006 — (captures d'écran) Installation vidéo et trois tapisseries 14’ 14’’ Dimensions variables
Francesco VEZZOLI <br> <i>Marlene Redux : a True Hollywood Story!</i> — 2006 — (captures d'écran) Installation vidéo et trois tapisseries 14’ 14’’ Dimensions variables
Francesco VEZZOLI <br> <i>Marlene Redux : a True Hollywood Story!</i> — 2006 — (captures d'écran) Installation vidéo et trois tapisseries 14’ 14’’ Dimensions variables
Francesco VEZZOLI <br> <i>Marlene Redux : a True Hollywood Story!</i> — 2006 — (captures d'écran) Installation vidéo et trois tapisseries 14’ 14’’ Dimensions variables
Francesco VEZZOLI <br> <i>Marlene Redux : a True Hollywood Story!</i> — 2006 — (captures d'écran) Installation vidéo et trois tapisseries 14’ 14’’ Dimensions variables
 

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Revue Pinault Collection - Numéro 07

 

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