<!-- ----- chapeau ------ --> <span class="chapeau">À l'occasion de l'exposition « Accrochage » à Punta della Dogana sont présentés six <i>Wall Drawings</i> de Sol LeWitt (1928-2007) dans les espaces autour du « Cube » de Tadao Ando.</span> <br> <br> <br> <!-- ----- auteur ------ --> <div class="col m-4 auteur pull-right"> <div class="inner"> <div class="white"> <a class="switch">Texte</a><br> <b>Béatrice Gross</b><br> <span>Commissaire et critique d’art</span> </div> </div> </div> <!-- ----- titre ------ --> <div class="clearfix"><span class="col m-1"> </span><span class="title">Sol</span><br><br><br> <span class="col m-5"> </span><span class="title col">LeWitt</span> </div> <!-- ----- texte ------ --> <div class="clearfix"> <br><br><br> <span class="alinea"></span>Figure tutélaire de l’art conceptuel dont il fut le premier, avec la publication à la fin des années 1960 de deux courts écrits-manifestes, à formaliser la définition et les enjeux généraux, Sol LeWitt débute, à l’âge de 40 ans, un corpus aussi radical que paradoxal, entre renaissance et révolution de tout un genre artistique : le <i>wall drawing</i> (ou dessin mural). L’œuvre y est tracée directement sur la surface du mur, à l’échelle de l’architecture du lieu d’accueil, exécutée dans la plupart des cas par d’autres que l’artiste, fidèles interprètes des instructions d’un LeWitt compositeur plasticien. À l’issue de la période de monstration, l’œuvre disparaît (recouverte d’une couche de peinture ou tout bonnement détruite avec la cimaise qui en était le substrat)… pour réapparaître lors de son incarnation suivante, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre : « Le dessin mural est une installation permanente, jusqu’à ce qu’il soit détruit. Ce qui est fait ne peut être défait. ». L’artiste américain que peu d’oxymores effraient associe ainsi identité et altérité, fragilité et monumentalité, éternité et éphémère. <br><br> <span class="alinea"></span>LeWitt inaugure sa production inédite en 1968, explorant de manière à la fois intuitive et systématique les multiples permutations de la ligne droite, exécutée d’abord au crayon à mine, orientée tour à tour dans les directions cardinales que sont la verticale, l’horizontale, et les diagonales droite et gauche. Mais dès l’aube des années 1970, l’artiste décide d’étendre le territoire de sa géométrie jusque-là élémentaire. Il en trouble la rectilinéarité initiale en introduisant la ligne dite non droite ou continue, ainsi que l’arc de cercle, puis entreprend d’en enrichir le vocabulaire formel avec toute une gamme nouvelle de figures, à commencer par les formes simples. Celles-ci s’organisent en figures primaires (carré, cercle, triangle isocèle) et secondaires (rectangle, trapèze, parallélogramme), suivies de deux types de croix (× et +) et du triangle rectangle. Neuf figures que rassemble le <i>Wall Drawing #343</i> comme en un abécédaire exemplaire du langage lewittien originel (n’a-t-on pas parfois appelé ABC art l’art minimal, auquel l’artiste conceptuel est encore souvent identifié ?). <br><br> <span class="alinea"></span>Or ce répertoire formel des débuts constitue pour LeWitt non pas une fin en soi, mais un moyen au service de la méthode sérielle dont les combinaisons réglées permettent à l’artiste d’échapper à ce qu’il concevait comme l’impasse réductionniste et formaliste du minimalisme. L’accent est alors mis non sur la morphologie mais plutôt l’agencement des constituants de son alphabet. À travers diverses rotations, énumérations et autres variations ordonnées, LeWitt donne vie à des processus de pensée aussi objectifs que possible, qu’il déploie comme autant de « récits de formes » où l’apparence demeure secondaire par rapport à l’idée de l’œuvre… sans toutefois jamais laisser LeWitt à l’abri de « créer une beauté universelle, […] quelque chose [qu’il] ne [rougirait] pas de montrer à Giotto ». </div>
 
 
Sol LeWITT<br> <i>Wall Drawing #343C: On a black wall, a triangle within a square. The background is filled in solid white. </i> — 1980 — Crayon gras blanc, mur noir Dimensions variables <br> <i>Wall Drawing #343A: On a black wall, a square within a square. The background is filled in solid white. </i> — 1980 — Crayon gras blanc, mur noir Dimensions variables <br> <i>Wall Drawing #343B: On a black wall, a circle within a square. The background is filled in solid white.</i> — 1980 — Crayon gras blanc, mur noir Dimensions variables <br> <i>Wall Drawing #343G: On a black wall, a cross within a square. The background is filled in solid white. </i> — 1980 — Crayon gras blanc, mur noir Dimensions variables
 
Sol LeWITT<br> <i>Wall Drawing #343G: On a black wall, a cross within a square. The background is filled in solid white.</i> — 1980 — Crayon gras blanc, mur noir Dimensions variables <br> <i>Wall Drawing #343E: On a black wall, a trapezoid within a square. The background is filled in solid white.</i> — 1980 — Crayon gras blanc, mur noir Dimensions variables <br> <i>Wall Drawing #343F: On a black wall, a parallelogram within a square. The background is filled in solid white. </i> — 1980 — Crayon gras blanc, mur noir Dimensions variables <br> <i> Wall Drawing #343C: On a black wall, a triangle within a square. The background is filled in solid white </i> — 1980 — Crayon gras blanc, mur noir Dimensions variables
 

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Revue Pinault Collection - Numéro 07

 

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